DANSE, CHAIR DE MON CŒUR…
1-LE VOLCAN
Sors de ta torpeur
Secoue ta lenteur
Empereur de mon cœur
Danseur de malheur…
Elle connaissait les rythmes, les pas, par cœur. A l’écoute de ses sensations, elle vibrait à travers son tambour, qui lui transperçait les reins. Elle était sa reine, il était Dieu. Elle était son ombre, son miroir, son reflet, son image subliminale.
Elle vivait ses pas dans les siens, son souffle suspendu à l’air qu’il respirait…l’eau de son rivage, l’oasis de son mirage, la peau de son visage, la destinée de son voyage, son cœur sans partage, son paysage, sa rage… ses ravages.
La mélodie de sa vie, le lit de ses envies, un cri à l’infini, un cri dans l’infini de la nuit de la galaxie.
C’était fini et bien fini… mal fini.
Pas fini…
Pas pour elle.
Quelque part, encore une corde vibrait, si fine, si fine…
De très très loin, elle l’appelle…elle jette sa bouteille à la mer, sa prière dans l’univers.
Ecoute, écoute le crissement des feuilles entre elles, le bruissement des grains de sable sous le rythme des vagues, le tambourinement des étoiles, le frottement des gouttes de pluie sur les rayonnements du soleil, l’éclatement des arcs en ciel qui tracent un pont entre toutes les voûtes célestes, de moi à toi, ta peau vers ma peau, écoute les vibrations de nos deux tempos en harmonie là-haut, là-bas, ici, le long des courants d’air qui transpercent chaque pierre emmurée, bétonnée, le long des courants marins qui traversent l’immensité impalpable des océans incontrôlables.
Un volcan est en éveil, son noyau en fusion va cracher sa salive dévorante, va déverser son trop plein de venin le long des veines vitales de sa terre natale…
2-DANSE LE SILENCE…
Un jour, l’amour.
Un soir, le désespoir.
La nuit, la pluie,
Pluie du désir qui soupire sans sourire, sans souffrir…
Désespoir du noir, à quoi bon croire sans voir, sans lendemain pour se revoir ?
L’amour sans retour.
Il fait noir comme dans un four,
Tu deviens fou, le ciel est lourd.
A ses menaces, tu restes sourd.
Tu t’éclabousses en pleurs,
Tu t’écrabouilles de tes peurs
T u passes un mauvais quart d’heure,
Dans le silence de ton malheur.
Danse le silence.
3-TU TE TUES
Tu croules sous les problèmes,
Tu roules à l’envers dans le matin blême,
Tu veux lui crier « je t’aime ».
Tes pensées dépassées,
Ton cerveau malade erre
Tu manques d’air,
Où est passé l’être cher ?
De toi, il s’est détaché,
Envolé, arraché,
La vie te l’a volé.
Que faire sinon se taire,
Ravaler sa salive amère,
Et continuer, si fière…
A tourner à l’envers.
La tête la première,
Se jeter aux enfers,
Les quatre fers en l’air.
4-DANSENT LES LARMES BLEUES
Dans ses larmes bleues
Dansent ses yeux,
Qui se noient peu à peu,
Ecrasée par un destin malheureux,
Le long des chemins sinueux
De l’enfer dangereux,
A cœur perdu,
A la recherche d’un paradis perdu
D’anges heureux.
Foutre le feu et fuir tout là-haut dans les cieux, admirer son œuvre éphémère pour l’éternité.
Elle se noie dans l’océan de son torrent bleu intarissable, elle vogue le vague à l’âme, emportée par des larmes de fond, elle coule coule sans jamais toucher le fond. Jusqu’à quand pourra-t-elle retenir sa respiration ? Elle explore les bas fonds de son monde liquéfié, pas un rocher où s’échouer…alors elle se laisse aller à la dérive, dans les eaux mortes de sa vie en loque. Le raz de marée a tout emporté. Ne reste que les débris épars de son squelette rongé par l’eau salée. Son cœur desséché, son âme asséchée, son esprit désemparé restent les spectateurs impuissants de cet épilogue irrémédiable. Dansent les larmes bleues sur les lames aiguisées de son passé.
5-UN JOUR, UN TROU
Un jour…
Et un puis un jour…
Un pas…
Et puis un pas…
Le temps court,
Et toi tu restes là,
Las.
Une nuit…
Et un puis une nuit…
Et le matin,
Rien.
Parce que la vie est faite de faux pas, de jours sans jour, de nuit sans lune, et puis…
Le trépas,
Pas à pas…
Vient à toi,
Et ta vie est passée,
Tu es trépassée,
Tout ça s’est passé
Sans rien maitrisé.
Pourquoi lui ?
Pourquoi ainsi ?
La fatalité,
Ou la facilité,
Ou l’incapacité,
Ou…
Je voulais devenir maître de mon malheur,
Fallait-il apprendre de ses peurs, ses erreurs ?
L’avenir, jour après jour, pas après pas, nuit après nuit, se réduit comme une peau de chagrin.
A la traversée des chemins, ne reste bientôt plus qu’un seul couloir, avec un trou à la fin.
6 Réponses à “Danse, chair de mon coeur”
26 janvier, 2014 à 12 h 08 min
Ca y est, j’ai pus lire tes poèmes (enfin, un échantillon!!). J’espère que tu en mettras d’autre, c’est le mode d’expression que je préfère!!! Je trouve que tes poèmes sont très beaux, ils me font penser à Baudelaire: »La cloche fêlée » notamment. J’espère qu’ils seront de moins en moins triste car ils reflètent ton état d’esprit et ca me rend triste de te savoir triste!!!!
26 janvier, 2014 à 20 h 08 min
Merci ma dadou,
Oui, je compte ne pas m’arrêter là,même si mon mode d’expression reflète la tristesse, je suis quand même d’un naturel enjoué, toi qui me connais…on peut dire que je cache bien mon jeu!Alors, ne sois pas triste…
26 janvier, 2014 à 21 h 01 min
Je suis tt à fait d’accord avec toi!!! Tu cache bien ton jeu et tu es toujours la première à faire la fête et à rire; c’est pour ça que je trouve ton blog vraiment interressant, il me permet de connaître un peu de ta face caché!!!Je te souhaite une bonne nuit et à bientôt gros bisous
30 janvier, 2014 à 18 h 21 min
J’aime tes fulgurances, tes « illuminations » rimbaldiennes.Bien sûr, » Les plus désespérés sont les chants les plus beaux »! mais pourquoi cette tristesse? des notes d’allégresse seraient les bienvenues… comme le suggère Adeline. Quoi qu’il en soit,continue à taquiner la Muse pour notre plus grand plaisir.
30 janvier, 2014 à 23 h 20 min
Merci montonton,
Ton commentaire me va droit au coeur au , toi qui es pour moi un exemple à suivre notamment au niveau intellectuel et littéraire!
4 février, 2014 à 19 h 10 min
C gentil à toi mais tu me donnes une importance que je n’ai pas, vx schnock que je suis. A toi la jubilation de la création. Pince les cordes ta lyre/et livre-toi à tes délires /Chante les peines/Chante les joies/ Ainsi tu nous enchantes…